Ceux-là dont les manteaux ont des plis de linceuls Goûtent la volupté divine d’être seuls. Leur sagesse a pitié de l’ivresse des couples, De l’étreinte des mains, des pas aux rythmes souples. Ceux dont le front se cache en l’ombre des linceuls Savent la volupté divine d’être seuls. Ils contemplent l’aurore et l’aspect de la vie Sans horreur, et plus d’un qui les plaint les envie. Ceux qui cherchent la paix du soir et des linceuls Connaissent la terrible ivresse d’être seuls. Ce sont les bien-aimés du soir et du mystère. Ils écoutent germer les roses sous la terre Et perçoivent l’écho des couleurs, le reflet Des sons… Leur atmosphère est d’un gris violet. Ils goûtent la saveur du vent et des ténèbres, Et leurs yeux sont plus beaux que des torches funèbres. (poem by Renée Vivien)