Je ne supporte plus personne… Être entourée m’angoisse et m’oppresse…
Leurs conversations m’ennuient, je n’arrive pas à me sentir concernée…
Leur présence m’étouffe, et je m’enfuis en pensée…
Et si mon enveloppe charnelle est là,
mon esprit vagabonde de questions en questions…
Comment font-ils pour glisser sur la vie avec un tel détachement,
à se préoccuper de futilités et ne pas se pencher sur les choses importantes?
On dirait qu’ils ignorent que le temps est compté,
que chaque embranchement est un choix lourd de conséquences,
on dirait qu’ils se laissent traverser par l’existence sans y goûter pleinement,
en prétendant que le soleil ne se couchera jamais…
Qu’est ce qui cloche chez moi ?
Pourquoi dès que je suis ici tout devient simple et limpide ?
Pourquoi c’est tellement plus facile de créer des liens avec un poulain sauvage,
un beau caillou ou un bâton de bois ?
Pourquoi le retour à l’état primitif me procure autant de satisfaction ?
Pourquoi le monde moderne me fait aussi mal au ventre ?
Et puis, qu’est-ce que je vais laisser ici ?
Quels souvenirs vais-je emmener avec moi… ?
Quels choix faire pour ne pas regarder derrière soi ?
Et surtout, surtout !
Comment vivre pleinement sans avoir aucun regrets… ?
Regretter les compromis, les discordes et les dilemmes,
Quand je ne parviens déjà pas à être en accord avec moi-même
Regretter d’avoir ruiné ma vie,
A suivre le mouvement plutôt que mes envies
Regretter d’avoir préféré les nuits sans sommeil
Pour la chaleur d’un corps qui sera parti un beau matin
Quand le froid, lui, ne m’abandonnera point
Et les chênes, chaque soir, m’endrapent de leur étoffes tissées de vermeil
Regretter une vie bien pleine qui me file la nausée
A porter autant de peines, de remords, de conflits
Quand c’est un décor épuré qui de joie m’emplit
Et ce vide que je porte rend mon cœur léger
Regretter d’avoir respiré à voix basse et marché à tâtons
Au lieu d’hurler a plein poumon les mots qui m’embrasent
Regretter d’avoir toujours choisi le silence et fait partie du décor
Plutôt que souffler dans un cor pour clamer l’écho de ma présence
La solitude c’est la liberté !
La solitude c’est la liberté !
La solitude c’est la liberté !