Epouvantail misérable, dans ce champ tu te dresses
Déguenillée, délabré, en proie au doux vent moqueur
Les noires corneilles, nullement effrayées
Picorent avidement tes épaules démembrées...
Macabre silhouette, à la posture décharnée
Tu t'affaisses telle une ruine, aux tréfonds de l'abîme
Sans port ni navire, tu dérives mollement
Au gré de l'océan meurtrier
Décomposition superbe, embrassant cette terre
Tu exhibes sans pudeur ton vieux corps grossier
Blanchi chaque jour par un soleil impur
Ta maudite carcasse, comme un château de carte
N'attend que la nuit pour pleuvoir en cascade...