Tranchées, viande sale, parqués sous terre, Noyés dans la boue, grouillants de miasmes Souillés, dévorés, envahis de parasites Les mouches, les rats, et l'odeur de la mort La terre grise de poudre, retournée par les obus Les troncs déchiquetés, les débris, les barbelés Les cadavres boursouflés, les cris d'agonie Loin de l'enfer du front, on ordonne "A l'assaut!" La broyeuse, la trancheuse, la grande usine à chair Les corps désarticulés s'entassent Et leurs effluves s'élèvent en brouillard putride Loin de l'enfer du front, on ordonne "A l'assaut!" Les attaquent incessantes, l’attente interminable Boucherie, "A l'assaut!" Piégés dans le charnier, la mort pour seule issue Boucherie, "A l'assaut!" Tranchées, viande sale, parqués sous terre, Le froid pénétrant, la faim et la peur Gémissements inutiles, les râles des mourants Entre les lignes, l'horreur, la terreur et la mort Milliers de vie fauchées pour quelques mètres Les membres arrachés, les entrailles et le sang Sifflement des balles, tonnes d'acier, la mitraille Loin de l'enfer du front, on ordonne "A l'assaut!"