Quand le brouillard enlise l’âme, La peinture fane plus vite Que les pétales d’un hiver Aussi dru qu’un pied de pilori. Quand les pensées ne sont qu’infâmes, La mélodie est une pluie Qui se meut comme les vers De bruits d’un fade infini. Les lèvres retranchées sur lie Travesties en voeux de silence Simulent ce qui est tari En ignorant le flanc, la lance Évoluer dans un brouet Et le souvenir fauchant l'horizon La cage thoracique comme un loquet Les côtes à l’unisson. Quand le pétrole fond vers le ventre, C’est toute la bouffe qui est dégueulée Des restes d’un buffet frigide Qui grouille encore d’asticots. Quand le strigoï sort de son antre, Aphrodite, en entier, Est couverte d’arachnides, Drapée d’oripeaux. Envers de cornée, vitraux Dont on strie les paupières Renier l'assiégé pataud Dont on réclame l'eau, la terre. Se libérer de ce ressac De lueurs jetées en aumône Et guetter l'étoile héliaque Perçant la frondaison des aulnes. Quand une chape de plomb si lourde Efface le jour tel une éclipse, Toute lumière devient d’un gris Si fade qu’un Vampire peut s’y mouvoir. Quand frappe de son blanc la foudre Sur le crâne qui devient poussières, C’est le monde entier qui blêmit Gouverné d’une dernière nuit noire.