Par marées ils vinrent,
Grands, fiers, avec l’aurore.
Pourtant déjà, au couchant,
Leur carcasse putride
S’évertue à satisfaire
Les envies sordides
Des rampants carnassiers des souterrains.
Tous morts, tous pourris,
Ils sombrent dans l’abîme,
Ces feu-êtres qu’embaume
Sa majesté vaseuse.
Ce sol a soif
Tellement soif.
Il avale par galons
Les charognes qu’il avait jadis régurgitées.
Tout est si gris, si rouge,
Les bouches restent silencieuses
Alors qu’elles entrent toutes entières
En ce sol gorgé de vie.
Tous morts, tous pourris,
Ils sombrent dans l’abîme,
Qu’ils sont admirables,
Tous morts, tous pourris
Laissez-moi, majesté,
À mon tour, m’y noyer.