L'exil Lyrics


M’élevant de mon intemporel

Statut d’onde, de latent personnage,

Mes iris sont ployés

D’innombrables visions de l’ailleurs.

Défaisant de la chair de mon flanc

Ces treize crochets rouillés,

Mon esprit ne semble enclin

Qu’à l’idée de disparaître.

Infini, grandeur et cloîtres immobiles

Croisent mon Moi, dans sa dérive,

Faisant reluire splendeurs fantasques et

Visions dignes de l’hécatombe

De ce monde si beau et si laid.

Il m’afflige de voir le sage astreint

Et le fou libre et fier.

Les sens qui m’avivaient à ma souche originelle

Ne sont aujourd’hui que balbutiements de rêve.

Cependant, la flamme de mes songes

Rougeoie toujours; d’où puise-t-elle son essence?

Je ne saurais dire à quel viscère

De l’humanité se porte son allégeance,

Car il y a bien longtemps que j’en ai été,

D’un souffle, l’adjuvant.

Me porte alors mon dernier pas

À une source qui me sembla familière.

Tout y était, même les lambeaux de mon derme

Que j’eus autrefois froidement arrachés

Serait-ce tout ? Mon périple ô tant désiré

Me menant à mon propre socle originel,

D’où m’insufflent alors le besoin, la nécessité,

D’à mes flancs raccrocher de façon crue et définitive

Ces treize crochets rouillés et flétris

Qui eux, je le sais bien, ne laisseront

Jamais s’éteindre le brasier qui en moi,

Aujourd’hui, semble étincelle pâle et morte.