labourant de mes ongles ma gorge tout emplie
de soleils engloutis d’épaves naufragées
pour las en vidanger les anges aux vastes plis
qui geignent immobiles dans les notes figées
je finis par extraire comme un hymne connu
où scintillent glacés les rythmes d’amertume
l’enfance des souffrances les syllabes à nu
de nos corps disjoints amants du clair de lune
sous l’orée respirante de nos pires présages
nous sculptés l’un dans l’autre en un geste filant
récoltant nos débris sur le flanc des nuages
et de nos langues d’ailes parcourir le couchant
jusqu’au seuil immortel de ses écailles fauves
où la larme sonore vient s’éteindre en secret
comme un cri migrateur perfusé qui se sauve
dans la veine statuaire d’une antique forêt