Le courant m'aura emporté Transposé en une autre source Comme un moine en sa combustion divine Je saisira le cœur des flots pour en fissurer le noyau Mais, terrassé en l'argile d'une rivière dont la voix m'échappe Je me retrouverai sable parmi les sables mouvants Transfiguré et incapable de revenir en arrière Je faillirai à conter ma genèse Ex nihilo nihil esclave de ma révolution J'échappe au mouvement en de délirante illusions Alors que le théâtre a déjà plusieurs drames Le décor que je ne reconnais plus me fait pantin Guerre au sein des tunnels les eaux crèvent comme un coup de grisou Par cette chevelure d'ange Les chevaux en cavale me libèrent et me redonnent mes terres volées Le cyclone referme la plaie originelle crémation éphémère S'anéantir au bout de soi-même