Du creux des vallées jusqu’au cœur des montognes
Tonne un appel immémorial, ire divine et martiale
Résonne le cri du sang, si longtemps réprimé
Des cavernes profondes à l’éther étoilé
Or ça!
De la Gaillarde à Montgailhard, n’y avait qu’un pas
Pour rejoindre Apollon, au zénith de sa course
Là où meurt la plaine, dressé depuis les âges
Le castel de Phoebus, de fort haut lineage
Droit tel un éclair sur le roc solitaire
Contemplant crânement la Marche méridienne
Et semblant proclamer à ces hordes moroses
“Approche voir manant, et touches-n si tu l’oses”
“Toque-n si gauses”
N’n avait qu’un pas, c’était le bon!
Suis la vallée en contrebas, vers les blancs monts
Et sur l’Ariège vive traverse Tarascon
Aujord’hui comme partout un trou à rats
Qui si le nombre le permet niqueraient ta race, con
Et de Surba, Bédeilhac, Saurat, le Prat
M’emmener céans sur l’autre versant
Vers le foner ancien au nom patois
Sanctuaire solaire de mon enfance
Quel étrange destin d’avoir, au faite de ma vie d’homme
Dans le dédale moderne, à la croisée des routes
Hors du monde, hors du temps,
Recouvré le berceau des souvenirs d’antan
C’est au sommet du Vallier, dent de scie acérée
Que j’ai gravé ta marque, Ô astre igné
La croix aux bras brisés sur celle du crucifié
Surplombant les vallées embrumées des Pyrénées
Du fond des vallées jusqu’au sein des montagnes
Tonne un appel immémorial, ire divine et martiale
Sonne le cœur du monde, trône d’éternité
Tambour de pierre, tambour de guerre
La voix des siècles
Cést du somme du Vallier, dent de scie acérée
Egoïne lacérant l’horizon azuré
De ces rocs sévères et ces cimes enneigées
Que j’attends de la Haute Chasse la curée