Je me suis abreuvé des eaux nocturnes
Aux sources multiples
Certaines douces, d'autres amères
D'argent ou de mercure, lunaires
De ces coupes d'albâtre, et ces cigües sucrées
Miroitant de mirages et de reflets moirés
Ne trouvai-je lumière ni immortalité
Mais les seuls poisons, lents, du gynécée
Tu es l'Onde, tu es la Nuit
Ô Sylphe immonde, traîtresse et vile
Tu es le onde, amère mie
En toi la Mort, en toi la vie
En témoignent tes lunes carmines
Qui, pleines, viennent fouiller l'hermine
Imago mundi, éprise et prise
Ta sève s'écoule, limpide sur l'isthme
Contre tes monts, mes vagues se brisent
De lents séismes en cataclysmes
Se rompent tels digues face aux marées
Lorsqu'est la lune au périgée
En des limbes s'enfuit l'esprit
D'être ainsi vivant, il meurt
L'ondée purifie la Nuit
Mais pourtant ne sont-elles sœurs?
J'ai cru absorber ces venins, jusqu'à la lie en boire le vin
Pour en extraire le divin mais l'hallali résonne en vain
Je voudrais faire table rase de mes ivresses et baptêmes
Mais les eaux se liguent contre moi
Et leur mémoire contre la mienne
Alors j'avancerai dans l'écume, brûlant d'un feu indifférent
Traversant tes lames nocturnes, accueillant tous tes châtiments
Je fendrai les flots et la brume, vêtu de soleil et de sang
Et nu sous l’œil de la Lune, je proclamerai mon dernier chant