L’hiver n’ai point attendu pour être atrabilaire Depuis longtemps prévaut la bile, et encor Si des aventureux mettaient mes tripes à l’air Les bézoards qu’on n trouverait seraient d’or D’un hiver l’autre, le sable coule A l’envers comme se doit, bien loin des foules Le duché sinople n’en reste pas moins aride Le désert est venu jusque dans la clepsydre Et la neige, céleste peinture sur merde Cache la misère d’un voile pudique Tant que le blanc tient, ça fige Dès que ça fond c’est la Tamise Quant à moi je neurasthénise Dans la nuit et dans le froid Tel Castor sans jumeau j’entasse du bois Ai fort bien failli y perdre un doigt Et pour les bûchers futurs, il en faudra Pour purifier par le feu les écuries d’Augias Mon corps et mon esprit, fondus en une seule lame Acier forgé à froid, sans l’ombre d’une flamme Jaillisant de la boue, prostré en hésychasme D’un mouvement ascendant pour fendre le marasme Ascétisme hésitant contre le désespoir a trop piétiner sur le fil du rasoir J’ai laceré mes pieds, refusant la pitié Avalé tout entier dans le chaudron de l’impiété Quand bien même un glaucome emporterait mon ajna Me resteraient deux yeux pour des bergnes être roi Roi des cloches Des solitaires, froids, désabusés, amers Clopin-clopant à travers le couchant de l’áge du Fer (Les pieds presque nus dans la poussière du chemin Ou dans la fraicheur des sous-bois ombragés) Bercé par le ressac incessant de la sylve Des gorges de l’Effroi jusqu’aux plus hautes cimes Pour transmuter amertume En amrita Il m’aura fallu chercher aux six points du compas Echouer au zénith, triompher au nadir (Victoire à la Pyrrhus de bien piètres désirs) Pour enfin, en mon sein, dévoiler Agarttha