La mue du serpent Lyrics

Album: Omphalos

L’hiver n’ai point attendu pour être atrabilaire

Depuis longtemps prévaut la bile, et encor

Si des aventureux mettaient mes tripes à l’air

Les bézoards qu’on n trouverait seraient d’or

D’un hiver l’autre, le sable coule

A l’envers comme se doit, bien loin des foules

Le duché sinople n’en reste pas moins aride

Le désert est venu jusque dans la clepsydre

Et la neige, céleste peinture sur merde

Cache la misère d’un voile pudique

Tant que le blanc tient, ça fige

Dès que ça fond c’est la Tamise

Quant à moi je neurasthénise

Dans la nuit et dans le froid

Tel Castor sans jumeau j’entasse du bois

Ai fort bien failli y perdre un doigt

Et pour les bûchers futurs, il en faudra

Pour purifier par le feu les écuries d’Augias

Mon corps et mon esprit, fondus en une seule lame

Acier forgé à froid, sans l’ombre d’une flamme

Jaillisant de la boue, prostré en hésychasme

D’un mouvement ascendant pour fendre le marasme

Ascétisme hésitant contre le désespoir

a trop piétiner sur le fil du rasoir

J’ai laceré mes pieds, refusant la pitié

Avalé tout entier dans le chaudron de l’impiété

Quand bien même un glaucome emporterait mon ajna

Me resteraient deux yeux pour des bergnes être roi

Roi des cloches

Des solitaires, froids, désabusés, amers

Clopin-clopant à travers le couchant de l’áge du Fer

(Les pieds presque nus dans la poussière du chemin

Ou dans la fraicheur des sous-bois ombragés)

Bercé par le ressac incessant de la sylve

Des gorges de l’Effroi jusqu’aux plus hautes cimes

Pour transmuter amertume

En amrita

Il m’aura fallu chercher aux six points du compas

Echouer au zénith, triompher au nadir

(Victoire à la Pyrrhus de bien piètres désirs)

Pour enfin, en mon sein, dévoiler Agarttha