L'eau qui coule sur les pierres sombres
Ruisselle vers les confins invisibles
Reflétant les lueurs moirées de la lune
S'enfouissant sous les limites du sol
Étouffant les songes pénibles
La matière sourde des tourments
Agit comme des lames aiguisées
Qui transpercent les chairs
Pierres granuleuses et grises
Posées sur des vallons humides
Ruines vertigineuses surplombant
Des vallées enfouies et sereines
Elles dessinent les forteresses
De mon âme, ravagée
Comme ce paysage, désolé
Tours détruites, murets effondrés
Dans l'herbe, à moitié visible
Les pierres saillantes, anguleuses
Sont les vestiges des ponts
Des courtines, des tavernes
Qui riaient dans les jours lumineux
Pâtures épaisses et grasses
Miraculeuses et denses forêts
Rochers qui s'élèvent dans la mousse