Je suis la nuit
Qui étend ses bras
Vers les tréfonds de mon âme
Paysage radieux
Dont la lumière obscure
Est une frontière vers l'invisible
Colonnes bleutées
Ruines aux sombres mirages
Dans la majesté, sous les pins endormis
La magie d'une étoile
Qui traverse la voûte sacrée
Pour fondre en un éclat brûlant
La lumière traverse les jours
Meurt dans les ténèbres
Qui se rappellent la grandeur éblouissante
Odalisques spectrales et démons
S'agitent et tourmentent sans cesse
Autour de rivages endormis, sans remous
L'eau s'écoule de ce lac gelé
Sous la glace, comme le sable
Dans ce cruel sablier
Qui livre les visions perdues
De sombres vestiges
Qui s'effacent et meurent
Tu es le jour
Que la beauté efface
Au premier nuage qui passe
Lames acérées qui transpercent
Mon corps qui gît à l'aube
Éternelle et féconde
Etoile dans l'infini, brillante
Qui guide froidement les tourments
Abandonnés dans les reflets du lac
Ce sont les remous qui brûlent
Vers les rives où pousse sensiblement
Les roseaux et naissent des nuées d'insectes
Les forteresses forment des ombres
Qui ramènent à la nuit éclatée
Aux sables de l'abandon
Vers des génies égarés
Qui sussurent d'immortels pardons
Et sacrifient nos âmes damnées
La fleur dans les grandes herbes jaunies
Qui distillent le parfum du bonheur fané
Quand la sécheresse du coeur reprend tout
Le jour compte mes pas
Vers des nuits absentes et froides
Où la lumière se tamise