La Fleur Morte & le Soleil Aveugle Lyrics


[Alixer]

Si tu savais tout ce que j'ai creusé

C'est certainement pas pour cacher toute ma tristesse derrière des mots

Parce que tout ça j'le vis à fleur de peau,

J'y peux rien

Je peux pas m'empêcher de faire des ratures, de faire des erreurs

de chercher quelque chose dans l'vide

Des lames de rasoir pour des âmes pleines d'espoir

Toujours caché au fond du fumoir, j'suis devenu malade des au revoir

Tout au fond d'la nuit on voit plus que le foyer de l'ivresse

Je plonge toujours pour essayer de te voir, perdu dans les reflets de mon miroir

Je sens toutes mes entailles tu sais pas comme ça fait mal

Que de la bile dans les entrailles que du sang coulant sur mes bras

C'est toujours la même boucle

Je trace des lignes des traits j'écrase des paillettes

Je cours après hier à en perdre le souffle

Jusqu'à ce qu'enfin tu me dise "arrête". Jusqu'à ce qu'enfin le monde reprenne toute sa tête.

Malade des au revoir, c'est ma sentence.

Me revoilà au hasard des chemins, les mêmes où j’ai tremblé à en pleurer. J’imagine la lumière du soleil éclairer ton alentour, ta progression vers moi, dévorant l’ombre où tu m’as crucifié.

Le choc, le traumatisme revécu. J’imagine la douleur, le surgissement, la plénitude. J’imagine toutes les larmes du ciel sur mes joues, mes dents qui claquent et mon souffle coupé.

Et tes bras ouverts, et tes couleurs de coucher de soleil, et les sons de ta voix, et la profondeur de tes yeux, et ton parfum de fin du monde.

J’suis couvert d’épines et les fleurs se fanent à vue d’œil. Les bourgeons ne veulent plus faire naître ; le soleil ne veut plus les nourrir. Tout est suspendu à tes doigts comme une marionnettiste. Que tout s’effondre, que tout danse. J’pourrais perdre mes yeux me briser les mains, plus jamais j’ai envie de quitter ta trance. Un tout petit monde pour une trop grosse catastrophe. La fleur court après le soleil aveugle ; bientôt elle meurt, tendue vers la lumière, demandant la vie. Les rayons ne transperceront que les pétales brisés d’un corps échoué.

[Haine]

Assourdi par l'absence,

Travestis sont mes rêves, pervertis mes mémoires d'enfance

Le mal que je transpire par tous les pores de ma peau

Reflète sur mon sourire blafard l'envie de gerbe et d'caniveau

J'oublie que j'ai aimé, j'oublie que j'ai senti,

La chaleur brute des temps passés et l'ivresse de nos nuits

A présent les aiguilles que je mélange à mes poisons

Me font honnir ton souvenir, et bafouer jusqu'à ton nom

Ferme ta gueule avec ton rire

Crève ou laisse moi crever, permet moi d'abhorrer ton sourire

J'ai mal à en caner et y a plus personne pour entendre

Le cri étouffant étouffé, tu l'as réduit en cendres

Mais la haine réelle est pour moi

Elle est visible dans mes cernes et les méandres blancs sur mes bras

Cent mille révolutions se sont passées devant moi

J'ai ri, pleuré, failli partir mais ici, je suis resté las

Tu n'es plus assez et je ne suis plus rien pour toi

La paix finale, la mort rêvée sera une réussite de mes doigts